Date - Septembre X784

 

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La sorcière du Valbâtre, la louve de Pergrande.

Sorcière du Valbâtre
avatar

Fiche de personnage
Points d'XP:
0/1000  (0/1000)
Crystas: 791
Joyaux: 5
Sorcière du Valbâtre
Lun 16 Avr - 0:26
Âge : 19 ans
Origines : Pergrandaises
Guilde : /
Objets clés : Un fusil rustique de même qu'un couteau de chasse.
Compagnon : /
Rang souhaité : C
Code : Code OK
Natasha Zaïtsev
la Louve Blanche
Taciturne
Douce
Franche
Solitaire
Sensible
Altruiste
Chevaleresque
Méticuleuse
Réfléchie
Ingénieuse
Carnation : blanche
Taille : 1m66
Corpulence : 60 kg
Cheveux : carmin(s)
Yeux : rubis
Signe(s) distinctif(s) : ses atours & atouts (image)

Il était une fois ...

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, sa tendre jeunesse s’était déroulée sans encombre. Et malgré ses origines assez modestes, elle ne connu ni la misère ou la famine. Le généreux domaine boisé de Bosco avait eu tôt fait d’accueillir une gamine ni laide ni bien jolie, ni maigre ni d’avantage grassouillette ou joufflue. Elle n’en connaitrait d’ailleurs jamais les affres et les joies. La marmaille qu’elle côtoyait parfois ne s’amusait guère à la moquer pour ses haillons ou sa subtile fragrance sauvage, pas plus qu’on ne s’osa à la persécuter pour quelque autre raison que ce soit.

Peut-être par crainte ou respect de son tuteur. Et il lui importait seule de savourer la compagnie de ce dernier. Car elle adorait fort ce géniteur de son paternel, ce bon bougre rarement aigri et que trop tendre avec elle. Lui qui semblait d’avantage qu’un mentor à ses yeux, un parent digne et aimant, tant il la comblait de sa présence et enseignements. Un savoir incommensurable et haletant aux yeux d’une gamine. Elle avait dont tout loisir de s’ébahir et s’épanouir en sa compagnie, puisqu’elle déplorait l’absence de ceux l’ayant engendré, que trop souvent en vadrouille.

Des mages aussi classiques que sollicités de manière frénétique. Sans doute pour subvenir aux frais d’éducation de leur fille unique, des livres lui parvenaient quelque fois. Si bien qu’elle ne manquait de rien et n’en désirait pas d’avantage. Petiote déjà, la jeune étrangère raffolait des fables et légendes que lui contait jours et nuits l’honorable ancien, sans jamais radoter ni lasser son auditoire si pauvre hélas. Mais le chasseur en ermitage demeurait à l’écart des peuplades, sans pourtant rechigner à les côtoyer. A vrai dire, il surgissait parfois du bois où il s’était presque enraciné, afin d’aller commercer le gibier et autres ressources qu’il pouvait acquérir par ses labeurs.

Le brave homme procédait ainsi quand il n’avait pas d’autre choix, lorsqu’il lui fallait par exemple acheter de quoi vêtir la rouge pousse qu’il voyait germer en son logis. Ou bien lui prodiguer des soins à l’aide d’onguents, décoctions et autres élixirs que les médecins des villages avoisinants savaient confectionner et céder peu cher d’ordinaire à ce genre de petite gens modestes. D’autant que la jeune fille effectuait parfois cette tâche, lorsqu’elle n’épaulait pas son parent en toute chose. Chaque besogne ou corvée lui octroyait l’occasion de se parfaire, et la moindre maladresse, quelle soit verbale ou corporelle, suscitait un bon grand rire chez son éducateur. Elle en retirait alors des enseignements si précieux que ses tristes mines d’éhontée fondaient prestement.

A vrai dire, elle s’était égarée maintes fois dans les premiers temps où elle s’était aventurée en solitaire dans ces bourgades pouvant la duper et l’abuser. La petite s’avérait en effet un brin naïve, de même qu’un tantinet niaise. Mais elle était pareillement à demi futée, d’avantage téméraire que pleutre, quelque peu maniérée et toute aussi polie et sage, jamais turbulente ou brutale, un peu gauche et guère adroite ou vraiment dégourdie pour un marmot de son âge. Une naine qu’un rien intimidait, émoussant cette assurance touchante, audace aussi infime que pétillante. Aussi, sa mignonne bravoure en séduisit plus d’un en chemin, touchant marchands et voyageurs, paysans et chasseurs. Seule la faune n’oser la gagner, l’aborder. La pauvre gourde les faisait détaler.

... l’histoire d’une noble âme.

Ce n’est que partie remise, lui confiait l’habile homme qui la talonnait. Ce fin limier n’avait de cesse d’encourager sa disciple qui désirait tant faire sa fierté que se voir enseigner les arts de la traque, de l’abattage, du dépeçage et autres rudiments et rites du bon chasseur. Elle n’avait pas sept ans qu’il l’incitait déjà à observer et imiter plus en profondeur que cette curieuse mioche ne le faisait déjà en d’autres occasions et labeurs. A dire vrai, son savant professeur la surprenait tant. Son inouï savoir éduquait maigrement chaque jour cette enfant, que trop passionnée et appliquée aux études et essais d’expériences. Ceci sans pourtant être studieuse à l’excès, de manière obsessive.

Elle n’allait pas transgresser les consignes ni s’aventurer seule dans les fourrés, là où un prédateur aurait eu tôt fait de la dévorer. C’est d’ailleurs vers ses six ans qu’un tel spécimen avait bien failli la voir trépasser. Une bête assez peu féroce mais au combien typique en ces domaines si vastement boisés. Un grand fauve ou bien un canidé peut-être, qui avait bondi depuis les broussailles pour mieux l’effarer et mettre à bas sur le sentier d’un ruisseau. Son bon parent pu fort heureusement l’extirper de ce guêpier, car lancé sur les traces de l’animal, avant de lui empaffer le crâne d’une balle sifflante. Le rugissement du fusil rustique le désarçonnant tandis que ses mâchoires énormes et terribles manquaient là de déchiqueter sa proie. La malheureuse effrayée s’en remettrait avec les années, mais elle démontrait un certain esprit revanchard à son propre égard.

Aussi désirait-elle tout naturellement se voir inculquer de quoi remédier au tracas qu’elle avait tant causé. Mais la tâche s’avérait plus ardue qu’elle ne l’espérait, elle en craignait même de décevoir son tuteur. Lui qui l’encourageait pas après pas, avec toujours autant d’entrain déguisé sous le sérieux d’une mine grisonnante, éminente, et affairée à enseigner les moindres subtilités du métier. C’est bien péniblement que cette laborieuse élève progressait au fil des années. Sur ses huit ans elle savait nommer toute(s) chose(s) du bosquet, l’année suivante elle pouvait discerner les pistes que laissait la faune, et l’année d’après elle pouvait même brandir l’objet qui l’avait délivré de ses maux.

Certes il lui fallait s’allonger afin de le manier un brin convenablement, tant elle demeurait maigrichonne et faiblarde, quoique pas si frêle ni pauvrement bâtie pour une fillette de son gabarit.  Et sa précision laissait à désirer, malgré qu’elle devinait plus aisément des silhouettes ou percevait mieux les présences en forêt. La fieffée gredine s’était ainsi forgée une certaine endurance, avec ses sens enfin aiguisés et des connaissances dignes d’un futur chasseur chevronné, sans pourtant paraître prodigieuse ni vraiment douée. Son talent naissant tendait à rejoindre celui d’un autre, comme ceux du commun qui s’en donnaient la peine à force d’exercice face à l’imprévu et l’adversité, mais également de persévérance à l’apprentissage des secrets de la Nature.

Du reste ses vastes connaissances du règne animal et floral, au niveau local, comblaient ses lacunes en matière de relations sociales et de culture générale. Elle savait par exemple où s’approvisionner en plantes médicinales, à quelle saison trouver telle variété ou différencier les baies et champignons comestibles des toxiques. Mais elle se trouvait bien sotte lorsqu’on évoquait des grandes figures de l’histoire, voire même des célébrités régionales. De même que l’embarras la saisissait à la moindre allusion à son ignorance digne des gueux. Son parent avait beau faire de lui souffler que cela n’avait pas la moindre importance, elle en démentait que cela pouvait discréditer leur nom. Ce dont le vieil homme se fichait éperdument, clamant que ce genre de bagatelle rendait ses congénères bien stupides, des fous dont l’exagéré civisme enchainait jusqu’à humilier et asservir.

Une bien triste pensée qui allait déteindre sur la jeune fille. Celle-ci gagnait en maturité, développant un esprit critique plus nuancé au fil des années, sans toutefois perdre cette touche d’innocence enfantine qui la caractérisait tant et trônait d’aventure en ses prunelles si pétillantes. Différents points de vue lui servaient d’appui à ses diverses réflexions, car la curieuse jeune fille ne pouvait s’empêcher de méditer la pertinence du savoir acquis. Le phénomène s’inscrivait dans une quête de découverte des merveilles de la Nature, ainsi que celles de la pensée humaine. Ceci malgré l’intérêt mitigé qu’elle vouait à la philosophie et aux sciences, la donzelle n’en saisissant pas grand-chose hélas. Les doyens des bourgades alentours ne pouvaient alors que lui expliquer en des mots simples.

Dont l’esprit s’égarait parfois,

Et si elle n’aspirait pas à l’érudition, elle devait bien avouer que le savoir octroyait un grand pouvoir, de même que des responsabilités certaines. Puisqu’en certaines occasions, la connaissance et la manière d’interprétation des faits pouvaient dépendre tant des individus en cause que d’aspects d’étique à adopter. Une relativité somme toute ardue à embrasser de manière judicieuse et sage. Elle avait ainsi saisi tardivement toute la subtilité des procédures pénales et des lois qui plus tôt lui avaient parues si sévères et injustes. Bien que brutaliser un voyou récidiviste, trancher les mains d’un voleur désespéré ou encore envoyer un officiel corrompu à la potence, lui semblaient toujours aussi extrêmes comme sentences. Une justice dite d’impartiale mais pareillement impitoyable.

Elle n’avait pas même souvenance d’un tel sens de l’équité dans la Nature, sans doute du fait que les animaux n’éprouvaient pour la plupart pas la moindre pulsion proche du désir de vengeance. Malgré la sensibilité avérée de certaines créatures. Que de complexité, songeait-elle. L’affect avait-il besoin d’être écarté de la raison ? Ces deux facettes de l’âme humaine lui paraissaient affreusement indissociables, aussi complémentaires que contradictoires, à l’image de milles étrangetés naturelles. Du reste, ses congénères pouvaient bien redouter les maux de l’existence et des actes et paroles, que les drames saufs extrêmes n’engendraient rien d’abominable, ou d’irrémédiable.

Ainsi, hormis les catastrophes naturelles et exactions humaines les plus terribles, elle n’envisageait pas d’affreuseté dans les aspects néfastes de l’éphémérité des choses.  La foudre qui s’abattait sur un bosquet finissant incendier et ravagé par les flammes, tendait à renaître un beau jour du fait d’une terre fertilisée, revitalisée d’elle-même. La disparition d’une quelconque entité nourrissait pareillement d’autres formes de vie. Ce cycle perpétuel de destruction et de renouveau s’accompagnait tant de réjouissances que d’un chagrin propre à ceux doués d’une certaine conscience. Et la jouvencelle n’en démentait guère le caractère mécanique, l’immédiateté de cet automatisme troublant chacun. Elle songeait juste que craindre la mort était absurde.

Triste et angoissant peut-être, mais l’indicible faucheuse n’épargnant nul homme, il ne servait de rien d’ambitionner de transcender son être. Voilà sa pensée au regard des créations de Mère Nature. Si elle dénigrait toute vision mystique ou autre à l’égard du culte des Grands Anciens, la belle enfant préférait simplement se contenter des constations établies en divers environnements. Les schémas cycliques et prévisibles de la faune, la flore et autres éléments primordiaux lui suffisaient amplement, sans jamais la lasser. Elle fabulait dès lors que ces paysages la surprenaient par quelque nouveauté, telle une variété de fleur étrangère à la graine portée par une brise malicieuse. Ce dont son parent aimait à s’enticher, avant d’en cueillir une et d’orner la coquète chevelure de l’enfant.

Ce genre d’évènements peu rares la voyait s’ébahir, s’émoustiller, s’émerveiller tant à la découverte de ces merveilles, prodigieuses à ses yeux, qu’à l’apprentissage de leçons tenant plus de l’anecdote croustillante et romancée, mais également face à l’attention prodiguée, si touchante et généreuse. Le vieillard comblait à lui seul le vide laissé par ses géniteurs vacants. Aussi, la moindre activité en sa compagnie avait de quoi la combler de joie, lui procurer une vive émotion, l’inciter à savourer sa modeste existence à l’écart des peuplades et bourgades. Mais elle n’en dénigrait nullement  son ambition d’aventurière innocente et insouciante, n’aspirant qu’à parcourir le monde si vaste et riche, varié et coloré ; sans omettre l’envie d’admirer les milliers d’espèces animales et florales ainsi que les paysages les plus féériques et majestueux. Malgré quoi elle n’envisageait pas de quitter son parent.

Le brave vétéran approfondissait ses leçons en douceur malgré l’idée d’excellence qui se dégageait de son enseignement tant moral que physique. Il souhaitait ménager l’enfant tandis qu’il la soumettait à la cruelle réalité, celle de mener une vie difficile pour le corps et l’esprit, presque abandonnée à la solitude, reclus en un domaine hostile et impitoyable malgré l’abondance de ressources salvatrices. Cette dualité terrible de l’environnement avait sans doute influencé la belle rouge, d’autant qu’elle ne se plaignait de rien. L’habitude de cette existence lui venait, sans jamais rendre vraiment attrayante ces lumières au loin et ces rires de moutards. La notion même d’appartenance à la norme sociale lui échappait, elle n’éprouvait dont nullement l’envie d’expérimenter une vie citadine concrète, ni de dénigrer sa cabane et ses alentours.

Là où primate primitif et homme civilisé se rencontrent.

Du reste, la gamine avait fort à faire si elle voulait épater son mentor. Se complaire à demeurer en ermitage et s’accommoder d’une vie austère ou suivre des pratiques éprouvantes et exigeantes, loin de la facilité de l’homme civilisé, ne s’avérait guère suffisant. En effet, outre étudier les comportements animaux à singer ensuite, afin de se glisser dans leurs peaux et saisir leurs moindres aspects et d’ainsi pouvoir anticiper leurs déplacements et agissements ; il subsistait cette difficulté de connaître le terrain, ses propriétés diverses et si riches, de même que les éléments pouvant influer à tout instant. Elle devait dont se plier à d’incalculables exercices durant sa formation.

Ramper dans la boue, l’herbe ou les broussailles, en silence d’ailleurs. Essayer d’étouffer le bruit de ses pas même lorsqu’elle s’avançait accroupie dans les feuillages, en faisant attention à ne pas piétiner fagots et feuilles pouvant la trahir par un subtil craquement. Discerner les traces d’un passage frais d’un autre plus ancien, mais aussi la raison ou l’auteur des empreintes, afin d’identifier le niveau de dangerosité du dit gibier par rapport au sillage éprouvé. Savoir se fondre dans l’environnement, soit en se maculant de boue ou d’un élément émettant une fragrance trompeuse. Se glisser face au vent et surveiller ses changements de direction, en plus de prendre garde à ce qu’il ne déporte la pestilence de l’hémoglobine ou de la sueur. Se faufiler à bonne distance afin de bénéficier d’une vue dégagée sur la cible, sans omettre d’avoir la patience de bénéficier des conditions climatiques propices au tir. Travailler son endurance enfin de pister une bête blessée ou sonnée, en restant aux aguets de l’apparition d’un autre prédateur. Privilégier les bêtes isolées aux troupeaux et autres rassemblements pouvant s’avérer risqués si une charge involontaire survient dans la panique générale. Elaborer un traquenard. Prendre garde aux civils, des gêneurs.

Tant de facteurs qui devaient devenir des automatismes, des mécaniques spontanées et instinctives. L’ampleur de la tâche n’allait décourager la petiote, celle-ci n’envisageait pas même d’officier dans une autre voie. Et si l’entreprise s’avérait pénible, elle songeait que la persévérance porterait ses fruits, sans y voir un puéril acharnement d’incapable. Son aimable parent à la franchise sèche avait foi en ses capacités, même modestes. La mioche assidue et disciplinée avait d’ailleurs assimilé très tôt l’utilité de se montrer magnanime avec son gibier. Le sadisme et la cruauté des gens des villes et des brigands la répugnant, elle avait saisit prestement ce que signifiait épargner des souffrances inutiles à ses proies. Puisqu’en dépit de son manque flagrant de spiritualité, elle admettait volontiers que les esprits de la forêt de même que les bêtes la peuplant, n’en tolèreraient pas le moindre écart de conduite qui pourrait perturber l’harmonie naturelle ou l’équilibre de ce fragile écosystème.

Certes la petiote ne comprenait trop ces termes savants et pompeux mais elle avait remarqué que l’abatage d’arbre en lisère du domaine, pour leur exploitation comme carburant d’usine, brisait le cycle du renouveau après destruction. D’autant qu’elle avait pu tenir grief à ces pauvres bougres  de prolétaires de n’avoir trouvé le temps propice à semer des graines, lorsqu’un entrepreneur ne l’envoyait pas paître comme une malpropre qui ignorait tout du monde des affaires. Cette grisaille planant sur l’avenir ne manquait pas de la turlupiner, puisqu’elle constatait l’expansion de ce modèle industriel en centre urbain. Elle ne s’avançait pourtant pas en garante des traditions et valeurs ancestrales, que trop maigres dans sa cervelle, ni ne blâmait ouvertement le brutal progrès. L’humanité demeurait bien soucieuse de la question environnementale et spirituelle.

Un de ces filous s’était même essayé à abuser de sa bienveillance. Un prometteur véreux d’usine souhait l’embaucher comme ouvrière, sous prétexte que les semences coûtaient cher et qu’ainsi la gamine y trouverait son compte, du fait d’une labeur méritoire. Mais elle n’appréciait guère qu’on la traite en petite pouilleuse et gueuse sans éducation ni qualifications. Le phénomène l’embarrassait et l’empourprait tout ensemble, sans pourtant l’enlever en déraison. La mioche avait dû vexer ce coquin d’adulte gonflé d’orgueil et d’avarice, puisqu’il n’avait trop toléré sa langue bien pendue de même que son regard attendrissant et son toupet. Son grand-père et des connaissances à lui avait déboulé en manquant de liguer les exploités de l’usine contre la direction. Ce genre de mésaventures ne jonchait-elle pas l’enfance tumultueuse de tout fougueux petiot, du reste ?

Une chasseresse sans nulle ambition aucune.

Et voilà qu’un beau jour ses géniteurs lui revenaient plus hardis que jamais. Ces derniers demeuraient naguère si brefs en leurs haltes et chacun semblait redécouvrir l’autre tant les occasions étaient rares de s’adonner à ces fortuites et fugaces retrouvailles, tout de même plaisantes et mémorables. Le couple de jeunes trentenaires clamait qu’il pouvait enfin accueillir et élever leur fille, puisqu’un logis nouveau lui était tout désigné. Le vieil homme ne s’en laissa pas dépouiller si aisément, quand bien même l’argumentaire qu’avançaient ces jeunots l’avait su convaincre. Lui-même savait bien qu’il n’était pas sage de retenir d’avantage cette enfant chez lui et d’ainsi la restreindre à un unique terrain de chasse. Il se méfiait d’ailleurs des parents au drôle de discours pacifiste, pouvant déflaquer du scélérat mais rechigner à voir leur progéniture prendre sa suite.

La petiote le rassurait qu’elle lui reviendrait prestement et fort souvent. Ainsi larmoyait-elle à délaisser son cher parent, tandis qu’on l’enlevait en d’autres lieux, un domaine seigneurial plus prospère et vivace. Et si elle n’avait pas souvenance d’avoir jamais été enfantée en ces terres, la belle rousse de près de treize ans se rappelait vaguement d’une cité portuaire en Pergrande. Blancherive la belle, dite l’éclatante, dans la région du Valbâtre. Un secteur agricole prolifique dans l’est du pays, avoisinant un brin le rivage maritime au nord. Là où elle avait fait ses premiers pas et braillé tout autre chose qu’une supplique de moutard, ou pleurniché après son lait ou sa bouillasse.

Certes l’idée d’arpenter et redécouvrir ce hameau paisible et charmant la séduisait, à la voir toute émoustillée et confuse ensemble, mais elle ne pouvait nier que sa chère cabane autrement plus modeste lui manquait. Elle avait peine à préférer des presque étrangers à son grand-père, lui qui avait tant fait pour elle. D’ailleurs, une culpabilité tenace la rongeait dans les premiers mois, bien qu’elle pouvait le visiter à l’occasion. Tandis que sa croissance la stupéfiait, que ses traits s’affinaient et que des courbes se dessinaient, non sans lui attirer des drôles d’hurluberlus tout émoustilles à la voir gambader et déambuler dans les champs et les ruelles ; lui ne pouvait que défaillir.

Ses géniteurs avaient peut-être envisagé ce déclin inéluctable, préférant ainsi lui épargner le spectacle insoutenable des ravages de la maladie sur un vieillard qu’elle avait toujours connu robuste et bien vaillant. Mais malgré l’inquiétude que suscitait une visite mensuelle à l’attente presque angoissante, elle éprouvait un pareil grand plaisir à l’enlacer, l’admirer et entendre. Sa maigre bourse servant par là même à égayer les vieux jours du lascar, et rassurer cette grande morveuse si pleurnicheuse et sensible, toute agglutinée à son chevet, parfois effondrée de panique lors d’un malaise passager. Elle l’avait ainsi ravi en dévoilant ses progrès effectués loin de lui, par-delà le vaste bosquet de Bosco, là où faunes et flores lui avaient paru méconnaissables. Le fringuant moribond n’était guère surpris de l’apprendre, tandis qu’il l’incitait au grand voyage afin de se parfaire.

Mais hélas incomprise, esseulée.

De plus, ses géniteurs la décevaient un brin du fait de leur désir d’approfondir l’éducation modeste de leur fille unique. En avaient-ils honte ? Sans doute un tantinet. Puisque leurs comparses citadins dénigraient quelque peu de manière dédaigneuse les gens des campagnes. Des gueux prêtant à sourire pour les riches marchands et autres filous engraissés par des magouilles. Ses parents n’avaient pourtant rien pour les rattacher aux élites locales ni même à la bourgeoisie. Si bien qu’elle ne saisissait pas l’objet de ce léger mépris sourd qu’ils vouaient à l’égard d’un héritage, tout du moins en compagnie de notables les ayant conviés à de bien modestes réceptions. Mais il déplaisait à la jeune fille qu’on médise de son honorable aïeul par simple désir d’ascension sociale.

Malgré cela, elle n’allait blâmer quiconque. La mignonne femelle leur prouverait bien assez tôt qu’ils se fourvoyaient abondement. D’autant qu’elle compatissait à demi au besoin du sentiment d’appartenance et d’intégration envers une communauté, un royaume. Son foyer se tenait par-delà ses landes trop vastes, une cabane rabougrie égarée en forêt, en compagnie d’un brave tendant à s’éteindre en sa solitude. Si ses visites se raréfiaient, la sensation d’y trouver la faucheuse la laissait culpabiliser. Ce phénomène cuisant renforçait l’idée de gaspiller un temps précieux à engranger un savoir plus qu’insipide et risible, comme les manières distinguées et autres bagatelles de l’étique de bienséance. Non pas qu’elle trouvait cela absurde, juste qu’elle préférait se consacrer à un caractère plus humain. Ainsi demeurait-elle au chevet du faible vieillard, après une dispute familiale.

Trois mois s’écoulaient sans que l’adolescente ne daigne accorder crédit aux suppliques lui parvenant par lettres, qu’elle jetait au feu avec l’amertume d’y déceler un rejet du père. Mais à l’entendre, ledit malade n’en voulait nullement à son corniaud de fils. Lui qui n’avait fait que désirer épargner ce spectacle affligeant et triste à son enfant. Cette dernière semblait fâchée que l’indigne homme n’ait dont pas suivit son exemple avant elle. Et qui sinon aurait accompagné ce vieillard en ses dernières heures, qui aurait soulagé sa peine palpable et ses maux bouleversants ? La pleurnicheuse tenait à être là, ainsi que de s’enticher niaisement de sa dignité, avant d’admirer l’ultime souffle, serein.

L’homme âgé qui s’éteignait un soir frisquet d’automne la laissait à demie chagrinée, éprouvée par sa perte et l’affreuse mélancolie qui l’avait assaillie depuis des semaines. Il avait pourtant estimé sa valeur, la désignant comme digne héritière de sa volonté et de ses biens. La taciturne jouvencelle l’ensevelie à l’entrée de la bicoque avant de s’évader à la lande, endeuillée mais garante d’un merveilleux présent. L’arme vétuste à chérir et employer, afin de voir perdurer le souvenir et le nom d’un illustre inconnu, un téméraire trappeur que le monde tendait déjà à oublier, hélas.

Elle courait le monde dans l’espoir de rencontrer la moindre connaissance du vieil ermite, même un ancien rival ou conquête délaissée du temps jadis. L’entreprise s’avérait infructueuse mais elle voulait croire qu’il substituait quelque part une bonne âme pour se souvenir d’un tel homme. Et c’est à la croisée des chemins, et peut-être des mondes, en un décor sensiblement onirique, qu’elle débusquait un vieux compagnon du loustic, un sympathique ivrogne qui ressassait sa jeunesse. Ce dernier s’attrista fort de la funeste nouvelle qu’on lui rapportait, en plus de s’en vouloir de n’avoir pas su trouver le courage de gagner son vieil ami d’antan, afin de se réconcilier. Mais peut-être pouvait-il se racheter auprès de sa disciple, jeune femme déboussolée et désœuvrée.

Nulle épreuve ne pouvait ternir sa magnificence.

Ce pauvre bougre l’avait ainsi conviée dans sa modeste échoppe le lendemain, une fois sobre et remis de l’émoi pesant. Là il se proposait de lui confectionner un ensemble en signe de pénitence et d’amitié, au vu des haillons indignes d’une jeune fille respectable. L’homme dévoilait dont son honorable profession, malgré qu’il avait songé à se retirer des affaires et déléguer ses biens à son apprenti faute d’avoir su engendrer un autre corniaud que son buté de fils parti s’enrôler dans l’armée du royaume, le vaste et puissant Minestrel. La donzelle avait beau faire de dénigrer gentiment l’offre qu’il insistait farouchement pour révéler la splendeur de l’héritière de son regretté comparse d’aventure. Et il en profitait pour lui conter ces fameuses pitreries et sottises de jeunesses, perpétrées en toute insouciance sur les routes du vieux monde. Sa nostalgie touchait la belle.

Cette dernière se trouvait embrassée d’endosser une panoplie excentrique et exquise, soulignant ses traits derrière l’apparente élégance du vêtement presque raffiné. D’autant qu’elle semblait mitigée au sujet de l’image que pouvait renvoyer ces atours en ses expéditions. La pauvre pucelle n’avait pas la moindre envie de charmer quiconque ni s’attirer des regards indiscrets, en plus de paraître voyante en milieu sauvage. Nul doute que le bel ensemble d’une blancheur immaculé la trahirait souvent si elle ne redoublait pas de prudence au préalable. Mais elle n’avait pas le cœur de vexer son aimable compagnon d’infortune, lui qui lui dédiait tant d’attention en ces heures sombres. Elle ne pouvait décemment lui refuser cette faveur ni même critiquer ses goûts, et puis elle se convainquait d’avoir fière allure, telle ces créatures de merveilles qu’elle s’aimait tant à traquer et admirer.

Elle se surprit un jour à découvrir la vivacité terrible des puissants homme-champignons du bois du Midi. Des créatures massives et épaisses dont le pacifisme et la mollesse affichées d’ordinaire, n’avaient d’égales que la hargne et la violence dévoilées dès qu’un manant menaçait leur progéniture. Cette dernière se composait d’adorables nains maladroits et touchants si curieux qu’un parent se devait de les veiller à chaque instant. Le phénomène inquiétait tout autant qu’il ne fascinait ou n’émerveillait son public. Et la belle rouge n’y dérogeait point. Si bien que ce havre de paix, aux faux airs de bosquet aux boxers, l’enjouait à lui revenir bien souvent. Puisqu’il lui plaisait fort d’admirer et étudier ces entités fabuleuses, sans le moindre prédateur naturel ni détracteur véritable. En effet, nul ne venait trop ennuyer ces empaffeurs de chevaliers, dont la mandale pouvait aisément briser les os et plier l’acier, en plus d’envoyer valdinguer au loin un géant d’homme.

Ces animaux-là ne présentaient pas grand intérêt en termes de ressources exploitables, même pour un apothicaire ou un alchimiste, d’autant que le péril encouru refroidissait les ardeurs. La jeune chasseresse se laissait convaincre par ses histoires de batailles burlesques mais stupéfiantes où une meute d’hommes-champignons avait su déflaquer sinon décimer un corps expéditionnaire d’une armée belliqueuse ayant jugé judicieux de stationner là, avant d’aviver les tensions ne serait-ce qu’en abatant des arbres pour alimenter des feux de camp. Elle craignait d’ailleurs que leur suzerain n’en vienne à embraser la forêt afin d’exterminer ces créatures l’ayant possiblement contrarié, surtout qu’il devait bien se moquer d’attiser la fureur d’une quelconque divinité locale.

Mais étrangement, rien ne survint. Ceci peut-être du fait du passage d’une calamité populaire et vagabonde, pouvant décimer des armées entières et éventuellement retenue comme émissaire vengeresse de l’incursion étrangère. Le fléau des hommes s’était d’ailleurs évanoui dans l’air, tel un mauvais rêve, sans ravager ni meurtrir la forêt et ses occupants ayant bien frémit pourtant. Au final, même elle ne désirait pas les éprouver, ne serait-ce qu’avec ses munitions tranquillisantes, ceci pouvant dérouter affreusement sa portée qui le pourrait penser éteint. Quand bien même cette peuplade n’effectuait pas le moindre rite funéraire ni ne s’émouvait vraiment du trépas d’un proche. Et bien d’autres notions et concepts leurs faisant défaut, comme le langage.

Voilà qui intriguait la jouvencelle. Comment diable communiquaient-ils sans gestuelle ni vocalises ? Elle restait perplexe à propos de ces similis couinements, des sortes de chants sans lien avec leur condition. L’instinct seul devait alors les régir de manière machinale, sans pourtant les priver d’un certain affect même pauvrement élaboré. Ces créatures primitives évadées à des temps immémoriaux n’avaient jamais su dévoiler les mystères de leur nature si étrange et obscure. Aussi la jeune fille ne pouvait-elle que s’enticher de leur cas aussi passionnant que tortueux. Elle se laissait d’ailleurs convaincre que d’autres spécimens pouvaient s’épanouir par-delà les mers, en cette jungle immense et sauvage qu’on appelait le bosquet clair-obscur. Et elle ne négligeait pas l’envie d’en fouler le seuil un beau jour. Les terres reculées lui semblaient propices à receler d’innombrables richesses et merveilles en tout genre, pouvant même accueillir des espèces inconnues.

Hélas, la guerre l’allait éprouver.

A l’aube de son dix-septième printemps, gondait le cor des conquérants. Un chant si affreux qu’il fit frémir la pucelle effarouchée, indignée, révoltée. Mais qu’y pouvait-elle, la pauvre ? A moins d’implorer les Cinq Grands ou de solliciter l’appui d’une créature surnaturelle de même acabit, elle n’était pas en mesure de remédier à pareille démence. Surtout que n’ayant pas la foi, elle ne pouvait pas d’avantage prétendre à ne serait-ce qu’être entendue puis exhaussée. A vrai dire, elle n’appréciait guère ces créateurs et autres vaines puissances que des niais révéraient plus que tout.

Et quel monstre laisserait ses sujets s’entretuer et perturber l’harmonie naturelle qu’il avait pris si grand soin à façonner du néant ? Voilà qui l’empêchait d’accorder le plus petit crédit à ces êtres si hors d’atteintes et sourds aux maux du monde. Mais elle ne leur nourrissait pas de rancœur véritable, ni n’affichait de réaction quelconque lorsqu’on évoquait près d’elle leur sujet. Elle n’avait jamais fâché un apôtre, ni trouvé d’utilité réelle à diffamer ladite bonne parole destinée à abreuver d’espérance factice les brebis égarées ou effrayées. Leur préférant un semblant d’appui militaire.

Du reste, Natasha se refusait au conflit et trouvait plus de noblesse à épargner les bêtes mêmes les plus féroces, qu’à arpenter le champ de bataille où innocents et ignobles crapules feraient d’elle une bouchère, l’une de ces mécréants qu’exécrait son aïeul. Ainsi, elle s’évadait aux contrées en guerre, esquivant les troupes et malandrins désirant l’enrôler comme gagner ses faveurs. Seuls les opprimés et les démunis lui importaient en ces heures sombres, tandis qu’elle se navrait à confondre en son périple bien des misérables, des mercenaires de toute sorte qu’elle se forçait à abattre.

Les moins cupides et sanguinaires ou abjects qui lui intimaient quelque humanité s’en tirèrent, tout comme les gredins qu’elle peinait ne serait-ce qu’à amocher. La rousse en son bel ensemble souvent maculé de sang et de boue s’attristait dès lors qu’elle déplorait un manque de puissance, une once de maladresse ou d’inexactitude susceptible de l’amener à échouer de manière dramatique. Bien rares étaient ces domaines foulés où elle n’admirait pas carnages et exactions sordides. Des actes d’une démence qu’elle s’essayait pourtant à prévenir et endiguer, en s’accaparant l’attention et hargne ou hardiesse des marauds à attirer ailleurs, loin des peuplades persécutées et pillées.

Ce dont elle finirait tristement par s’habituer. L’apparente impassible hantait maladivement ces royaumes aux tensions poignantes et vivaces, tandis qu’une fureur bestiale s’évadait parfois de son canon cinglant. Ses agissements lui aliénaient alors la sympathie des autorités. Et quand bien même l’exil en d’autres lieux semblait préférable, propice à l’oubli des horreurs, elle en dénigrait toute pensée. Puisqu’il lui incombait d’agir, malgré la tâche plus irréaliste qu’ardue. La belle amère vagabonde et taciturne saisissait enfin quel pénible existence avait dû mener son grand-père, alors que ses années d’errance lui semblaient fades, d’une saveur mêlée de cendres et d’absurdités.

L’humanité n’avait rien d’un carnassier quadrupède que le nectar vermillon rendait ivre, alors pourquoi diable s’en repaitre en excès ? Tare ou dégénérescence ? La cruauté des puissants la saignait tant, elle qui demeurait un brin trop douillette et innocente des vérités  sociales. Peut-être qu’elle n’en désirait pas la connaissance, au fond, et réfutait toute allégation de nature aussi belliqueuse et barbare chez des entités civilisées. Elle préférait de loin la simplicité de la Nature au sauvage brisant toute cohérence, tout équilibre. Comme s’il n’y avait pas de logique à ces pulsions viles et néfastes. Là elle se gardait bien de blâmer naïvement les diables des comptes et légendes qui en seraient l’origine, les artisans de l’infamie qui rongerait depuis ses congénères si étranges.

La sublime mercenaire louait ses services aux âmes en peines, lorsqu’elle ne s’adonnait pas toute entière à de plus charitables expéditions, sans rien mander en retour. Escorte de civils et de réfugiés, appui d’escarmouches aux côtés de diverses factions de maquisards, s’improviser chasseuse de prime en certaines occasions la révoltant. Piètre cavalière, elle s’avérait incapable de chevaucher même à la suite d’un raid nocturne sur un modeste bastion d’armée belligérante, elle se retirait prestement à toutes jambes de ses fortins et campements aux rangées de tantes et baraquements agités. De crainte d’avoir à livrer bataille pour ses méfaits pacifistes. Malgré les sabotages  de vivres et installations, quand des rebelles des territoires conquis n’incendiaient pas les palissades, les dépôts d’armes ainsi que  les écuries, après avoir dérobé les montures dans la panique générale.

Il lui arrivait même que des esprits échauffés se lancent sur ses traces isolées, une fois séparée de ses compagnons fugaces, lui donnant la chasse en forêt ou prairie. La belle rousse s’essayait au mieux de n’impliquer quiconque en ses soucis, n’allant pas se terrer en un hameau ni solliciter la moindre aide du plus petit mage, marchand itinérant pouvant la cacher dans sa carriole, et encore moins un brave paysan en filant se fondre dans les champs de blés. Elle préférait d’avantage se jeter dans les broussailles d’un bosquet dense et sombre, voire même se hisser à des cimes afin de bénéficier d’une cache propice à épier ses détracteurs. Là elle pouvait même envisager d’effrayer ou tirer.

La donzelle en âge et déshydratée dévoilait ainsi sa redoutable ingéniosité héritée d’un maître en la matière. L’espiègle enfant savait habilement brouiller les pistes, si le temps lui en était laissé, effaçant à loisir ses empreintes et les signes de son passage, lorsqu’elle ne rusait pas afin d’aiguiller facticement et duper ces lascars. Et trop rares étaient ses poursuivants instruits sur ce plan, ou tout juste plus futé que la piétaille. Ces énergumènes la surclassaient en matière de connaissances militaires, s’avérant vaines sur son terrain de prédilection où elle abusait de son avantage flagrant, éprouvant ceux qui ne rebroussaient pas chemin au bout d’une journée de traque, même haletante et périlleuse. Car la vilaine entrainait parfois à son insu ces gens aux devants de tanières sauvages.

Une poignée de mésaventures liées marquaient ce sillage héroïque. Un grand fauve l’avait ainsi acculée par une chaude soirée d’été en 783. Elle y avait laissé son précieux fusil, amoché dans l’herbe, tandis qu’elle rendait grâce à son vénérable grand-père de lui avoir enseigné à manier des lames courtes, s’arrachant dès lors à la tourmente à l’aide de son couteau de chasse voilé à sa cuisse gauche, lui qui prenait souvent au dépourvu. L’éclair d’argent fusait d’un néant à la robe neigeuse, avant de s’enfoncer dans la chair de la poitrine jusqu’au cœur, ou se frayer un chemin au cerveau depuis une mâchoire. Elle n’usait de ce genre de dernier recours qu’en présence de bêtes folles ou de congénères hélas irrécupérables, tandis qu’elle rebutait à mutiler inutilement.  Elle éprouvait une aversion catégorique pour la violence à outrance, la torture l’écœurait au plus haut point.


Une unique proie la pouvait terrasser.

A l’orée de son dix-neuvième anniversaire, un jouvenceau semblait l’obnubiler. Des traits élégants, les atours simples, un faciès doux et plaisant. Le tendre héros à la droiture aussi sublime que sa pieuse dévotion était louable, gagnait naguère son chevet à l’aide de son éclatent destrier, afin de lui prêter assistance avec le sourire ravageur. Voilà qui hantait parfois ses pensées, en des instants d’égarement. L’intrépide cavalier avait chevauché sous l’orage, fondant à ses abords tout assaillis de manants et déments. Et de sa puissante monture qui ébranlait la terre et fendait les cieux, il avait su balayer ces misérables avec une bravoure méprisant blessures et injures, avant d’accorder grand crédit à une donzelle médusée, gagnée par la fièvre qui lui saignait tant l’esprit que le cœur.

Elle s’était souvent mandée si cette apparition salutaire et héroïque, voire dantesque, l’arrachant à la tourmente d’un éventuel délire, n’avait pas été là qu’une chimère inspirée par sa presque pesante solitude. Mais la Louve Blanche se moquait éperdument d’avoir rêvé ou non, le bel éphèbe semblait si réel et accessible. Hélas, le déni lui servait d’esquive à l’affection grandissante qu’elle nourrissait à l’égard de ce fringuant jeune homme, étalon cendré et pâle qu’elle s’aimait à admirer si souvent qu’elle ne gagnait ce repaire de mages qu’en son nom. Ses prunelles d’ébahie le savaient grand seigneur, ce prince charmant si bon et noble que d’innocentes jeunes filles fabulaient à foison.

Un fantasme mêlé d’insouciance et de facétie romantique qu’elle enjouait d’ailleurs passionnément, inconsciemment. Elle se gardait pourtant de renchérir vraiment cette idylle inavouée, de crainte de se fourvoyer et d’imaginer plus qu’une accolade sensuelle mais chaste. Sa pudeur grandiose alliée à une certaine timidité l’empêchait de ne serait-ce que songer à effleurer le bougre, sa proximité la rendait quelque peu nerveuse. Quand bien même elle avait grand foi qu’il la convie à danser. Malgré qu’elle déviait déjà de ce genre de pensée à quelque image plus osée, comme celle d’inopinément se suspendre à ses lèvres à défaut de s’abandonner à ses bras pour savourer une tendre étreinte.

Là où elle pourrait bien se complaire à agglutiner ce buste saillant, tandis qu’elle humait chaque fois sur lui la subtile fragrance d’un canasson, sa fabuleuse monture. N’était-ce qu’un fugace instant, le moindre égard la ravissait. Et si ce sourire ravageur allié à une voix charmante, apaisante, avait le don d’éluder la morosité de ses excursions par-delà ces terres merveilleuses. La jouvencelle à la traine flamboyante culpabilisait d’aventure dès lors qu’elle délaissait ce royaume paisible pour s’en retourner en des contrées que l’infamie tenaillait farouchement. Même les plus viles, abominables et mesquines ou facétieuses créatures des lieux sinistres et périlleux ne l’incommodaient pas tant.

Jashin et autres horreurs ne l’ennuyaient pas autant qu’un domaine seigneurial où elle déplorait la cruauté humaine, quête insatiable du profit de nature impie. Et sa chasse aux entités fabuleuses et trépidantes ne l’en consolait guère, l’obligeant ainsi à s’abandonner d’aventure à cette affreuse clandestinité sous son grand manteau vétuste à capuchon. Quoiqu’elle se fichait bien de paraître pauvresse ni même d’être éconduite par le populisme ou la garde en tout lieux, voire d’être dévisagée de quelque façon. La balade taciturne n’avait de pénible que ces paysages d’absurdités civiles. Et il lui arrivait parfois de songer que son regretté ancien n’aurait pu partir l’âme en paix.

Elle nourrissait pareillement l’envie inavouable de solliciter son joli cœur à l’ouvrage, puisqu’elle s’était laissée dire que les mages de Fiore savaient engendrer des miracles. A vrai dire, elle hésitait tant à s’y adonner, d’un part afin de ne pas voir s’engager des poursuites à l’égard d’un groupuscule impliqué dans cette initiative, mais également du fait que l’acte puisse intimer déclaration de guerre, mesquine de surcroit. Nul doute qu’une telle perfidie et méprise embraserait les deux nations. Et le grand Conseil de la Magie n’y pourrait rien. Du reste, elle avait envisagé d’endosser la responsabilité de la crise diplomatique, par pure abnégation et altruisme, mais là encore elle doutait de convaincre chacun qu’elle n’avait eu qu’à séduire sur bien des plans de pauvres bougres, dupés.

La sublime chasseresse solitaire avait d’ailleurs tout autre chose à faire que de dénigrer les avances de ses prétendants qui la mettaient bien mal à l’aise. Malgré l’envie de pousser le vice et d’ainsi s’attirer les faveurs de diverses gens de part le monde et d’ainsi lever des troupes clandestines pour l’éventuelle croisade salvatrice. La dame mariée de blanc et à la traine flamboyante répugnait pourtant le mensonge et la manipulation d’autrui. Elle rechignait même à engager des brigands, pillards et autres mercenaires peu scrupuleux afin de l’aider en son entreprise. Même l’idée d’orchestrer son propre sauvetage en rameutant son cher et tendre lui paraissait indigne d’une jeune fille de bonne famille. Tant d’occasions pertinentes gâchées par ses valeurs, sa vertu.

A bien y réfléchir, quitte à se triturer les méninges à outrances comme d’ordinaire, la belle songeait même à solliciter l’appui de forces surnaturelles. Elle n’avait trop la foi ni le cœur dépravé, aussi ni les dieux ni les diables ne daigneraient trop l’entendre ou exhausser. Et pactiser avec un jashin lui semblait autrement moins risqué et néfaste. Car là où divinités et démons vous enchainaient l’âme ou l’empoisonnaient par leurs discours et tours mielleux, les parias incompris n’en mandaient pas tant en échange. Elle avait eu tout loisir d’étudier ce genre de créature rarissime et discrète, si nuancée et encline à se montrer magnanime ou vilaine suivant les interactions échangées. Un de ces spécimens l’avait ainsi malmené par jalousie de ses traits, lorsqu’un autre avait presque sympathisé au vu de sa mentalité tolérante, généreuse et respectueuse ; ne lui mandant que des victuailles.

L’Amour l’amenuisant d’avantage que la crainte du trépas,
Tout en lui ravivant l’envie d’arpenter ces terres démunies.
Mais n’avait-elle pas juste halluciné son bellâtre ?
Guns Magic : Il s'agit d'un sortilège qui génère des types de munitions selon le désir de son utilisateur. Tels des balles enflammées, perforantes, à ricochets ou explosives, fusée éclairante voire même des tranquillisants.
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Jeu 26 Avr - 22:21
Salutations et bienvenue sur le forum ! Pardon pour la réponse tardive mais certains membres de l'équipe n'ont pas eu accès à un pc pendant un moment.

J'aime bien ta fiche, l'histoire est sympa bien que beaucoup plus poétique que factuelle.

L'idée du personnage est intéressante et on a pas encore beaucoup de gens qui ne sont pas exclusivement de Fiore. (Bien qu'on aimerait avoir plus de prédéfinis joués, mais ça ne sert pas de forcer les gens.)

Mais avant que je puisse te valider, il va te falloir un avatar ! (Avec les dimensions demandées dans les règlements et chartes.) (Attention je parle bien de l'image sur le coté qui borde les messages postés, le personnage que tu as choisi convient tout à fait.)

Tu as pas mal écrit, mais par contre n'oublie pas qu'un test t'attend une fois que l'on t'aura validée alors attention à tes petits doigts.

Et également poster le code (Ne t'inquiète pas dès que tu l'auras mis on passera le cacher des yeux des autres visiteurs et nouveaux membres.) Visiblement tu l'as mis en passant, quelle coïncidence !
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Fiche de personnage
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Jeu 26 Avr - 23:05


« Fiche Validée ! »

Admis au sein des Indépendants, au rang C


Enfin ta validation ! Mais avant de commencer à nous conter tes récits et aventures fascinantes avec les autres membres du forum, il va te falloir :

→ Recenser ton avatar. (Ici.)

→ Faire une fiche technique dans la partie qui t'est réservée. (Ici.)


Ta plage de dégâts automatique est de 2 à 4.
Tu as 6 points de compétences à distribuer. (2 avec le Rang E, 2 avec le Rang D, et 2 avec le Rang C)
Ton Rang C t'octroie 25 PV et 250 MP.
Tu as 5 Joyaux.
Tu as le droit à la Maîtrise Innée pour l'équipement suivant : [Armes
à feu][Couteau]



Tes statistiques d'actions sont les suivantes :

Social - 11/20 : Fort jolie et généreuse (Dans plusieurs sens du terme.) mais plutôt intimidante, il va falloir faire la part entre votre coté chasseresse et vos origines civilisées.
Force - 11/20 : Beaucoup d'entraînements à la chasse, ce qui vous donne également assez de muscles pour porter la plupart des armes à feu.
Agilité : 13/20 -  Avec un tel entraînement de chasseur, vous auriez pu être très agile mais certains atouts physiques ne sont pas aussi pratiques que prévu dans l'acrobatie et la flexibilité.
Éducation - 15/20 : La sagesse d'un aîné reclu, et l'éducation moyenne de parents Pergrandien vous donnent un standing plus que correct à ceux qui ne connaissent pas votre histoire, et donc à Fiore par exemple vous passez presque pour une personne très noble à coté des Natsu et compagnie.
Initiative : 14/20 - La chasse, la traque, attendre le bon moment ! Mais aussi poser des pièges, tendre des embuscades et autres.. Si seulement vous en faisiez autant avec les opportunités de l'amour ! Mais les dents d'un prédateur sont moins effrayantes qu'un cœur brisé.

(Attention, certaines choses peuvent être grandement affectées par la découverte de tes origines Pergrandienne, mais tant que tu ne le dis pas...)

Encore bienvenue et bonne aventure à toi parmi nous ! Et bonne chasse.


«Toute main tendue vers Pergrande est le bienvenue tant qu'elle ne pointe pas une lame.»


Codage par Saphira pour EPICODE
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