Date - Septembre X784

 

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De bien Drôles de Dames [pv Maddigan]

Sorcière du Valbâtre
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Fiche de personnage
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Crystas: 791
Joyaux: 5
Sorcière du Valbâtre
Sam 26 Mai - 17:13


Drôles de Dames


L’étrangère éprise du domaine.

Naguère encore, la chasseresse taciturne aurait préférée s’exiler en ces lieux, fiefs boisés si vastes, denses et silencieux qu’elle s’y berçait d’une nostalgie apaisante. Le nord du royaume n’était pas sans lui rappeler sa chère contrée de Bosco, voilà qui l’enjouait d’avantage à arpenter ces terres lui paraissant presque familières. Et elle s’en voulait parfois de préférer la compagnie d’une solitude aimante en ces broussailles où elle désirait s’installer, au lieu de ne faire attendre ce bel éphèbe irréel, cet étalon pâle au crin de cendres. Mais qu’y pouvait-elle, la pauvre. La Nature demeurait son univers, son environnement de prédilection au-delà de sa vocation de trappeuse passionnée et marginale à demie austère et détachée de vanités de l’existence. Et malgré l’affection grandiose qu’elle nourrissait à l’égard de son prince équivoque, la demoiselle à la traine flamboyante succomberait inlassablement à l’appel irrésistible d’horizons sauvages. Elle demeurait ainsi, envers et contre tout, rien n’éroderait cette âme de sauvageonne, cet esprit bestial.

La jeune femme taciturne espérait du reste qu’on ne lui manderait jamais de choisir, de trancher au détour d’un cruel dilemme. Ce genre de frayeurs incongrues hantait ses pas en ses instants d’errances, périples d’esseulée ou balades palpitantes. Le bel homme au demeurant admirable la décevrait tôt ou tard, elle redoutait les pleurs et l’abus, la méprise et la verve méprisable. Mais elle voulait croire qu’il n’était que bon, doux et pieux jouvenceau, à l’instar des canailles plaisantes de sa fratrie. Ce fieffé galant lui plaisait d’autant plus qu’il semblait affligé des mêmes failles que sa personne, si sensible et embarrassée d’un rien. Hélas, il lui manquait fort. Et l’andouille aux pensées confuses et romanesques ambitionnait de lui revenir, ne serait-ce qu’un fugace instant. Son sourire ravageur et ses manières de gentil homme lui ravivant quelque affection du monde civilisé et des mœurs qu’elle n’avait trop su intégrer ou comprendre. Mais à trop fabuler en forêt, la sublime étourdie s’égarait presque et couvrait plus de distance que nécessaire.

Le phénomène enivrant s’agrémentait bien souvent d’incidents mineurs, négligeables. Natasha manquait là d’aller embrasser la terre au détour d’une racine la laissant trébucher, avant qu’un réflexe admirable ne lui permette de se ressaisir. Malgré sa piètre agilité, la belle semblait douée d’un esprit vif ainsi que d’une grâce minime en ses cabrioles et autres manœuvres d’esquives aux périls. Mais elle n’échappait qu’à peine à la caresse d’une modeste flaque de boue un tantinet fraiche. Ses mimines délicates s’y étaient plongées volontiers afin d’épargner souillure à sa figure et ses mèches carmines. Elle aurait tôt fait de s’épousseter et gratter le derme une fois cela séché, puis de laver délicatement les vestiges en gagnant l’onde d’un de ces petits ruisseaux qui traversaient les bois et clairières. Ce à quoi elle s’adonnait alors, en toute insouciante, songeant qu’il n’y avait pas lieu de s’embarrasser pour ces salissures. Elle avait l’habitude d’empester les parfums sauvages ou apparaître un brin crasseuse. Son tendre bourreau ne s’en offusqua  jamais d’aucune sorte.

La voilà dont qui pénétrait l’illustre hameau au zénith d’une bien belle journée un ciel clément la soulageait de cette marche à demi éreintante. La pauvre avait porté la balade en rêvassant, cet état ne la quittant guère. Si bien qu’elle paradait sans élégance ni hâte aucune. Une mâchoire de tissu beige lui avalait la figure noyant jusqu’à ses lèvres dans une frêle pénombre tandis qu’elle s’avançait au devant d’une boutique repérée l’an passé. Là elle daignait délivrer sa bouille de sa captive, dévoilant une frange et des rubis attendrissants, poétiques même. Puis ses bottines claquaient au seuil dalée, afin de laisser choir un peu de terre pouvant dégueulasser un parquais d’homme susceptible et maniaque de l’hygiène. Avant d’enfin pousser délicatement cette porte vitrée et de s’enfoncer dans la maigre bâtisse où elle portait son paquetage lui pendant au flanc gauche, une besace dodue. Son fusil archaïque lui trônait dans son dos, logeant son épaule droite jusqu’à son bassin, et la sombre lanière éludait son poitrail qu’un hurluberlu stupéfait ne devinait pas même.

La belle rouge dénigrait soieries et autres fastes dont raffolaient plutôt sa parenté. Des géniteurs qu’elle n’avait pas daigné visiter depuis des lustres et qui ne lui manquaient guère, voire nullement. L’aventurière solitaire arpentait les terres du vieux continent sans mander à quiconque une aide financière, si bien que sa trop maigre bourse traduisait son aspect négligé, pouilleux. Elle avait tout d’une gueuse, et parfois même d’une mendiante. Et la mercenaire vagabonde n’allait pas blâmer ce brave tailleur ayant manqué de s’évanouir à sa vue. Mais elle n’avait que faire de ne susciter le moindre attrait ainsi enveloppée de son grand manteau de voyage, tout usé et maculée d’une boue séchée. La jouvencelle vingtenaire s’accommodait bien de cet habit à capuche la mettant si à l’aise. Puisqu’il éludait la sensualité d’une enveloppe trop exquise malgré les grossières courbes qu’une prunelle attentive pouvait quelque peu deviner. Hélas ce compagnon d’infortune subissait les affres de ses pérégrinations houleuses, si bien qu’il faisait peine à voir et ne lui donnait pas fière allure.



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